Un genre longtemps maudit, aujourd'hui redécouvert

Pendant des décennies, la bande dessinée érotique a occupé une place étrange : très lue, très vendue, et pourtant absente des rayons visibles, des bibliographies et des expositions. Les kiosquiers la plaçaient en hauteur, les grandes surfaces refusaient de la diffuser, les libraires craignaient les commissions administratives. Résultat : tout un pan de l'histoire du neuvième art a vieilli dans des cartons, entre les mains de collectionneurs patients.

Ce corpus, on l'a longtemps traité comme une sous-production. Or il suffit de reconstituer la chronologie pour voir apparaître une histoire éditoriale cohérente, avec ses pionniers, ses maisons d'édition, ses écoles graphiques nationales et ses ruptures. L'Italie et son industrie du pocket, la France de Losfeld puis de Glénat, l'Espagne post-franquiste : rien de tout cela n'est anecdotique.

Le travail de recensement et de réédition mené depuis les années 2000 a fait bouger les lignes. Auteurs, éditeurs et surtout libraires ont fini par exhumer ces albums de l'oubli, en constatant une chose simple : les censeurs tant redoutés, craignant probablement le ridicule, ne se sont pas manifestés. On peut légitimement se demander si ce long purgatoire était bien nécessaire.

1949-1954 : quand les censeurs frappent partout

L'histoire commence par un verrou juridique. La Libération avait fait naître une multitude de journaux illustrés et un vrai vent de liberté, mais la loi du 16 juillet 1949 - portée en France par une alliance improbable entre catholiques et communistes - fait de la bande dessinée une affaire d'enfants, donc un domaine où presque tout est interdit.

Les effets sont très concrets, presque cocasses rétrospectivement. On allonge les robes trop courtes, on rabote les poitrines trop visibles, on proscrit les armes : il n'est pas rare de voir une planche où un personnage menace son ennemi d'une main vide, le revolver ayant été gommé de l'édition originale. En Belgique, pour éviter la censure française, certains éditeurs interdisent purement et simplement à leurs dessinateurs de faire figurer des femmes dans leurs histoires.

De l'autre côté de l'Atlantique, le mécanisme est le même, avec un visage : celui du psychiatre Fredric Wertham. Dans Seduction of the Innocent, il fustige les héros de comics, la violence, le sexe, et son combat aboutit à la mise en place du Comics Code Authority par le Congrès en octobre 1954. Des éditeurs abandonnent la BD, d'autres se plient au code.

Les pin-up des comics des années 40 - Sheena, Torchy et leurs consœurs - disparaissent dans la foulée. Parler d'âge d'or pour les années cinquante est donc un contresens : pour l'amateur d'érotisme dessiné, c'est surtout l'âge d'or de la censure.

Les années 1960 : Barbarella ouvre la brèche

Barbarella de Jean-Claude Forest, l'album qui fit scandale en 1964
Barbarella de Jean-Claude Forest, l'album qui fit scandale en 1964 (Druuna.net IA)

Le vrai coup d'envoi date de 1962, quand V Magazine, trimestriel mêlant humour, photos et nouvelles érotiques, publie par épisodes la pulpeuse Barbarella de Jean-Claude Forest. La prépublication passe presque inaperçue. C'est l'album, proposé en 1964 par Éric Losfeld, qui déclenche le scandale : rapidement interdit par la censure, l'objet devient célèbre alors que ses ventes restent limitées, et l'héroïne sera le premier personnage de BD repris par Le Livre de Poche.

Losfeld persévère avec "Les Aventures de Jodelle" de Peellaert et Bartier, "Saga de Xam" de Nicolas Devil, "Lone Sloane" de Druillet... avant d'abandonner la bande dessinée, faute de succès. Il avait ouvert la voie. En 1969, Charlie Mensuel devient le premier journal à s'afficher ouvertement pour adultes, avec Georges Wolinski en rédacteur en chef, et Georges Pichard y installe sa Paulette.

En Italie, la révolution est industrielle : les pockets pour adultes déferlent. Dès 1962, Diabolik, puis Kriminal, Satanik, Demoniak, Sadik, Zakimort mêlent crimes sanglants et séquences intimes. À partir du milieu des années soixante viennent les héroïnes - Isabella, Jolanka, Vartan, Uranella, Messaline - qui franchissent les Alpes à la fin de la décennie sous le regard méfiant de la censure française.

Aux États-Unis, sur la côte Ouest, une génération affronte le Comics Code avec les "comix" underground : drogue, sexe, antimilitarisme, adieu aux super-héros. Crumb, Shelton, Spain Rodriguez arriveront en France par le magazine Actuel, mais leur pénétration restera marginale dans l'Hexagone.

Les années 1980, l'âge d'or éditorial

Les années soixante-dix avaient tout fait sauter : Pilote, Circus, Charlie Mensuel, (À Suivre), Métal Hurlant, Fluide Glacial publient des scènes chaudes sans être classés X, et même Spirou et Tintin admettent des héroïnes sexy, jusque-là proscrites. Pendant ce temps, Elvifrance envahit les kiosques avec une vingtaine de mensuels en 1978, en important le meilleur de la production italienne.

Face à cette BD populaire, des éditeurs choisissent un registre plus travaillé. Dominique Leroy publie Philippe Cavell, Georges Pichard, Gérard Leclaire, G. Lévis. Jacques Glénat, jeune éditeur grenoblois, permet à Pichard de signer sa première œuvre comme auteur complet. Guido Crepax est traduit par Albin Michel, Futuropolis et Le Square, et son érotisme parfois hermétique touche un public plus large avec ses adaptations d'"Histoire d'O" et d'"Emmanuelle".

En 1979, Jean Carton, jusque-là éditeur de romans érotiques, lance le mensuel Bédé Adult', où débutent Lévis, Nan, Ange, Cléo, Miss Bondie et bien d'autres. Suivent Bédé X, SexBulles, Love Bédé, des albums sous les labels CAP ou Sedem. Et en 1982, L'Écho des Savanes, repris par Albin Michel, se tourne sans états d'âme vers l'érotisme, révélant Massimo Rotundo, Magnus et surtout Milo Manara.

Résultat : jusqu'au milieu des années quatre-vingt, en kiosque, en librairie et même en grande surface, la BD adulte occupe une place croissante. C'est bien la période la plus faste du genre.

Georges Pichard, l'auteur complet du genre

Si un nom résume la trajectoire française, c'est le sien. Georges Pichard publie d'abord dans Le Rire, dessine "Ulysse" avec son complice scénariste Jacques Lob, puis crée la pulpeuse Paulette dans les pages de Charlie Mensuel, à l'époque où ce journal revendique son lectorat adulte.

Son geste décisif se joue chez Glénat, où il réalise sa première œuvre comme auteur complet : Marie-Gabrielle de Saint-Eutrope. Écrire et dessiner seul, dans un genre où le scénario était souvent commandé à la chaîne, change la nature du récit érotique - on passe du fascicule alimentaire à l'œuvre signée, avec sa propre logique graphique et narrative.

Ce statut ne l'a pas protégé : "Marie-Gabrielle en Orient" a dû être retiré de la vente, comme quelques autres albums du genre. Pichard travaille aussi pour Dominique Leroy, dans cette veine d'éditeurs proches de l'esprit Losfeld qui misent sur un érotisme plus construit que celui des kiosques.

Preuve de sa place dans l'histoire du genre : quand Glénat et sa filiale Drugstore rééditent leurs grands classiques dans les années 2000, "Marie-Gabrielle de Saint-Eutrope" figure en tête de liste, aux côtés de Manara, Varenne, Paul Gillon ou Trillo et Bernet.

Milo Manara, la valeur sûre

Manara et L'Écho des Savanes dans la bande dessinée adulte des années 1980
Manara et L'Écho des Savanes dans la bande dessinée adulte des années 1980 (Druuna.net IA)

Manara appartient à cette génération d'Italiens formés dans le circuit populaire - il a travaillé pour les publications de Renzo Barbieri, l'homme des pockets pour adultes - avant de devenir une signature reconnue de part et d'autre des Alpes.

Son arrivée en France passe par L'Écho des Savanes, version Albin Michel, à partir de 1982. Avec Rotundo et Magnus, il ouvre les portes de la BD adulte à un lectorat nouveau, moins populaire et plus librairie que celui des fascicules de kiosque. Le contraste est net : d'un côté des dizaines de milliers d'acheteurs de pockets, de l'autre un public qui achète un album pour son dessin.

Dans les années quatre-vingt-dix, quand tout s'effondre autour de lui, il reste le seul socle du catalogue : Albin Michel stagne, avec pour unique valeur sûre Manara. Et lorsque Glénat et Drugstore relancent les classiques, ce sont Le Déclic et Le Parfum de l'invisible (ce dernier en couleurs) qui reviennent en tête de gondole.

Autrement dit : Manara est le pont. Il rend fréquentable en librairie ce que le kiosque diffusait sous le regard soupçonneux des censeurs.

Erich von Gôtha, Janice et la tradition du récit de soumission

Erich von Gôtha et la tradition du récit de soumission dans la bande dessinée
Erich von Gôtha et la tradition du récit de soumission dans la bande dessinée (Druuna.net IA)

Le récit de soumission n'est pas né en Europe. Dès 1946, la revue américaine Bizarre crée Sweet Gwendoline, jeune femme soumise à des tortures raffinées : le bondage est né. Au début des années cinquante, la firme Nutrix d'Irving Klaw lance des magazines spécialisés, autour d'une équipe de dessinateurs - Eneg, Eric Stanton, Jim, Mario, Antonio Ruiz.

Ce genre a survécu grâce à des règles maison très strictes, imposées par l'éditeur pour contourner la censure, et qui valent d'être détaillées :

  • seules des femmes évoluent au fil des pages, jamais totalement dénudées,
  • le sang ne coule jamais,
  • les sexes restent invisibles,
  • les sévices ne doivent pas viser les zones intimes, ni les seins, ni le bas-ventre.


En Europe, il faut attendre les années soixante-dix pour découvrir quelques maîtres du bondage, publiés notamment aux Humanoïdes Associés et chez Dominique Leroy. C'est dans cette filiation que s'inscrit Erich von Gôtha, dont Janice - Les Malheurs de Janice - et Twenty comptent parmi les récits emblématiques du genre en France.

Ses albums figurent au catalogue de Dynamite, département BD des éditions la Musardine, dirigé par Christian Marmonnier après avoir été animé par Bernard Joubert. Von Gôtha y voisine avec Roberto Baldazzini, Giovanna Casotto, Igor, Noé ou Kevin Taylor : un catalogue franco-italo-espagnol-américain, à la présentation soignée, soutenu par une vente par correspondance efficace.

Média 1000 : l'érotisme dessiné au format poche

Quand les pockets italiens disparaissent des kiosques, un éditeur français occupe le terrain du petit format : Média 1000, avec sa collection BD Adultes, consacrée à des récits d'auteurs français. Un choix stratégique, à contre-courant d'un marché qui importait depuis vingt ans l'essentiel de sa production.

Le titre phare est lancé en 1994 : Confessions érotiques BD. Le principe est simple et redoutablement efficace : pas de personnage fixe, mais la mise en images de récits envoyés par les lectrices (et parfois les lecteurs), avec des titres qui annoncent la couleur - "J'étais le jouet d'un couple pervers", "Délaissée par mon mari", "Mon mari filmait nos ébats avec un camescope". Ces histoires ont aussi connu une version presse.

Le dessinateur qui s'y impose s'appelle Ardem, pseudonyme d'Alain Mounier, déjà connu des lecteurs de Circus et de Dargaud. Dès le second volume il devient son propre scénariste, seul maître à bord : trait fin, gros plans soignés, séquences réalistes sans être scabreuses, et surtout une mise en scène qui varie sans cesse les décors et les situations - comme une caméra qui doit bouger pour ne pas lasser.

Chris, pseudonyme de l'Espagnol Xavier Musquera, illustre lui aussi la série des "Interdits" puis des "Confessions érotiques" à partir de 1995. Média 1000 sert également de seconde vie aux albums : les trois aventures du Docteur Sex signées Arcor, d'abord reprises chez CAP, y ressortent en édition de poche.

Italie, Espagne, États-Unis : une histoire transnationale

L'Italie est le moteur. De 1962 à 1992, les fumetti per adulti dominent un marché où l'album classique est resté marginal, avec des centaines de titres par mois. Renzo Barbieri, scénariste devenu éditeur, fonde Editrice 66 en 1966, puis Edifumetto en 1972 : Isabella, Goldrake, Angelica, Biancaneve, Sexy Favole, Zora, Sukia, Lando... et des couvertures d'Alessandro Biffignandi, superbes et racoleuses. Ces magazines populaires font travailler de grandes signatures : Leone Frollo, Magnus, Sandro Angiolini, Stelio Fenzo, Milo Manara.

L'Espagne, débarrassée de Franco, se cherche d'autres idoles. Plusieurs journaux naissent, dont El Vibora, qui parle de drogue, de marginalité et de sexe, refuse toute forme de censure et voit débuter une génération entière de jeunes dessinateurs. L'éditeur du titre, La Cupula, innove ensuite avec Kiss Comix, mensuel entièrement consacré à la BD hard, qui réussit un cocktail d'humour et d'amour. En France, il devient La Poudre aux Rêves en 1998 pour des raisons juridiques.

Aux États-Unis, Fantagraphics Books crée la marque Eros Comix : créations, reprises de classiques, traductions de séries européennes. Playboy et surtout Penthouse ont leur version bande dessinée, cette dernière dirigée par George Caragonne et traduite dans toute l'Europe, où d'anciens dessinateurs comme Dan Barry, Gray Morrow, Richard Corben ou John Burns côtoient de jeunes auteurs.

Quant au Japon, il fonctionne selon ses propres règles : des revues de plusieurs centaines de pages, capables de toutes les audaces, où seule la représentation des sexes masculins et des poils reste proscrite jusqu'à la fin des années quatre-vingt-dix. Les tentatives françaises de traduction restent longtemps confidentielles.

Les années 1990 : la censure resserre l'étau

La loi de 1949 n'a jamais disparu, elle s'est simplement assouplie dans son interprétation - ce qui n'a pas empêché l'interdiction de nombreux titres pour adultes. Le champion des ennuis administratifs est Elvifrance : 747 arrêtés d'interdiction, dont 36 de niveau 3, en vingt-deux ans d'existence.

Nota Bene - les trois niveaux d'interdiction. Le mécanisme mérite d'être compris, car il explique tout le reste :

  • niveau 1 : interdiction de vente aux mineurs,
  • niveau 2 : s'y ajoute l'interdiction d'exposition, donc la disparition de la vitrine et du présentoir,
  • niveau 3 : interdiction de publicité, ce qui porte l'estocade commerciale à un titre.


Aux yeux d'une commission qui ne connaît qu'une seule bande dessinée, celle destinée aux enfants, tout album adulte est suspect. Barbarella en avait fait l'expérience dès 1964, "Marie-Gabrielle en Orient" de Pichard aussi, et le manga "Video Girl Ai" des éditions Tonkam est encore interdit à la vente en 1996. En 1988, Charles Pasqua, alors ministre de l'Intérieur, avait même convié la presse à une exposition de l'horreur où les BD interdites figuraient en bonne place.

Dernier tour de vis : toute la filière éditant un ouvrage devient responsable des problèmes de censure. D'où l'absence de BD érotiques dans les grandes surfaces et les gares, où aucun vendeur ne tient à risquer sa place pour un album.

1992 : Elvifrance ferme, les kiosques se vident

La censure de plus en plus vive conduit Elvifrance à fermer ses portes en 1992. En quelques semaines, une vingtaine de titres disparaissent des kiosques. Et, curieusement, personne ne cherche à prendre cette place. La même année, en Italie, Edifumetto abandonne la bande dessinée et se reconvertit dans l'immobilier : l'âge d'or des fumetti per adulti s'achève des deux côtés des Alpes.

Bédé Adult' et Bédé X poursuivent leur parution, mais la disparition des pockets ne dope pas leurs ventes - bien au contraire. Pourtant, une nouvelle génération arrive : Starzo, Topaz, Rocheret, Février, Kovak, Arès, Cornélius, Tarzis semblent prêts à prendre la relève dans des journaux à la maquette de plus en plus soignée.

Les autres piliers tombent l'un après l'autre. La collection du Marquis, chez Glénat, cesse de paraître en 1996, comme les éditions Dominique Leroy. Albin Michel stagne. Restent quelques initiatives : la collection BD Adultes de Média 1000, la collection Sex in Italy lancée en 1997 dans le sillage du magazine Selen, qui fait la part belle aux jeunes transalpins, et l'arrivée de Druuna de Serpieri, unique personnage des éditions Bagheera.

La suite est une hémorragie : La Poudre aux Rêves s'arrête en 2004, Bédé Adult' et Bédé X déclarent forfait l'année suivante en laissant la plupart des histoires inachevées. Beaucoup accusent alors la vidéo d'avoir capté le lectorat populaire. Seule la Musardine, via sa filiale BD Dynamite animée par Bernard Joubert, maintient une publication régulière.

Le réveil : la BD érotique revient en librairie

Retour de la bande dessinée érotique en librairie dans les années 2000
Retour de la bande dessinée érotique en librairie dans les années 2000 (Druuna.net IA)

Le retournement s'amorce à partir de 2006, avec des auteurs d'une génération qui travaille l'image numérique. Arthur de Pins entre dans Fluide Glacial avec ses "Péchés mignons" : dessin traité à l'ordinateur, personnages tout en rondeur aux grands yeux expressifs, adhésion immédiate. Le premier album, la même année, est un succès.

Delcourt enclenche la machine. Fin 2007, après bien des hésitations, l'éditeur traduit Filles perdues, d'Alan Moore et Melinda Gebbie - commercialisé sans le moindre problème de censure, contrairement aux prédictions. Suivent "Premières fois" en avril 2008, ouvrage collectif écrit par Sibylline avec Alfred, Pedrosa, Vatine, Bertail, Capucine, Augustin, puis Happy Sex de Zep, premier best-seller du genre depuis longtemps, et "Love blog" de Gally et Obion en 2010. En 2009 naît la collection Erotix, qui réédite les classiques épuisés : "Emmanuelle" de Crepax, "Casino" de Frollo, "Liz et Beth" de Lévis, "Sam Bot" de Buzzelli, aux côtés de créations comme "Celluloid" de Dave McKean.

Le mouvement devient général. Drugstore publie "Arthur et Janet" de Cornette et Karo en 2008, Glénat et Drugstore rééditent Pichard, Manara, Varenne, Gillon, Trillo et Bernet. Petit à Petit lance en 2009 de gros ouvrages luxueux adaptant la littérature ("Contes grivois de Maupassant", "Kâma Sûtra en BD"). Fluide Glacial enchaîne les albums coquins et crée Fluide.G à la rentrée 2010. Tabou occupe le terrain plus hard avec Xavier Duvet ou Emmanuel Murzeau, les Requins Marteaux renouent avec l'esprit des pockets grâce à leur collection BDcul, les éditions Ange rééditent Robert Hughes, et en 2011 la Musardine et Drugstore/Glénat adaptent en BD la collection Osez.

La leçon de cette chronologie est assez claire : le genre n'a jamais manqué de lecteurs, il a manqué de diffusion. Si vous voulez le découvrir, prenez-le par les deux bouts - une réédition de classique (Pichard, Crepax, Manara, Frollo) pour comprendre d'où vient le trait, et une création contemporaine pour voir où il va. Et n'hésitez pas à le demander en librairie : c'est encore le meilleur moyen de rappeler que la bande dessinée pour adultes a droit de cité sur les tables.